03/04/2007

Faut-il lire plus d'auteurs belges à l'école ?

Sur son Blog http://journalpetitbelge.blogspot.com Vincent Leroy pose la question : Faut-il lire plus d'auteurs belges à l'école ?

 

Mon bon Vincent,

 

Merci pour votre message. Depuis des années je vais en tous sens aux quatre coins de notre royaume. Parler de mes livres. Et de mon métier. Et lorsqu’à Dolembreux, à Morville, à Dinant, à Arlon, à Jette, à Tournai, à La Roche, à Saint Hubert, à Jumet… j'accuse des fatigues, eh bien, je sais que je suis là pour faire briller les yeux de l’enfance, de l’adolescence, de la vie et de mon petit pays tout entier ! Eh oui, je rêve à cela ! Et ça me donne une pêche d’enfer ! Quand je vais à la rencontre d’une école, je sais que je dépose des graines de littérature, de poésie, d’humanité dans le cœur de centaines d’enfants de mon pays. Et j’en suis heureux. Et j’en suis fier. Loin des salons du livre. Loin des plateaux de télé. Loin des micros de la radio. Visiter une école, c’est un travail de l’ombre. Ce travail demande beaucoup de patience, de temps et de disponibilité. Et j’en écris encore des textes pour continuer de rencontrer la vie dans ces écoles qui, parfois, en ont grandement besoin ! Si vous saviez… Souvent, au volant de ma voiture, vers l’école Saint Antoine, vers l’école Tournesol, vers le collège Saint Julien ou autre, j’aimerais que soient là, avec moi, les ministres qui donnent les sous pour rendre possible ce genre de rencontre ; j’aimerais que soit là, avec moi, notre Princesse qui aime tant et tant les mots et les livres et l’enfance ; j’aimerais que soient là, avec moi, nos éditeurs qui se battent beaucoup pour tenir à flot le navire de leurs projets… J’aimerais qu’ils soient là pour voir comment et combien notre pays est beau, notre enfance est féconde et surtout combien il est précieux pour la Vie de faire entrer un écrivain dans une école ! C’est une bouffée de poésie et d’espérance que les enfants n’oublieront jamais. Je suis accueilli avec des gâteaux que les mamans ont préparés ensemble. Je suis accueilli par des récitations de mes poèmes sous les yeux passionnés de l’institutrice. Je suis accueilli par des spectacles cent fois répétés, sur les planches d’un hôtel de ville ou dans un coin de classe au fond du monde… Qui connaît l’école de Morville, avec son grand feu dans la grande classe de 7 élèves ? Je reçois des dizaines de lettres écrites à l’encre bleue… Et voyagent les stylos ! Si vous saviez, mon bon Vincent, combien les enseignantes et les enseignants se démènent pour recueillir quelques sous afin de rendre mes visites possibles. Si vous saviez, mon bon Vincent, combien le Service de la Promotion des Lettres de la Communauté française est là -et bien là- autour des auteurs pour aider ce genre de projet. Mais si vous saviez comme tout cela est précaire : certains subsides semblent ne tenir qu’à un fil ! Si vous saviez combien nous touchons un salaire de misère pour ce travail sans aucune sécurité…

 

Chaque fois que l’on m’appelle, n’importe où de Belgique, je m’arrange pour y être. Je passe des heures dans ma voiture -au lieu d’écrire ! Parce que je sais que là je prends soin de mon pays, de sa jeunesse, de son corps enseignant, comme lorsque je prenais soin des patients qui m’étaient confiés lorsque j’étais infirmier, il y a longtemps.

 

Bravo pour votre Blog et longue vie à lui !

 

Cordialement,

 

Benoît Coppée

 

19:11 Écrit par Oh ! Th dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Un grand merci pour votre texte et pour vos encouragements. J'ai mis votre blog parmi mes liens. Un des buts de mon blog est de faire connaître les écrivains et artistes belges que les médias ne mettent pas assez en valeur. Je suis ravi qu'une enseignante vous a découvert grâce au texte que vous avez laissé sur mon blog. Venez lire son commentaire. Bien cordialement!

Écrit par : Un petit Belge | 04/04/2007

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