06/02/2006

Je regarde vos écritures

Chères Alisson, Camille, Justine, Kenny, Laura, Louise, Louise & Maëlle

 

Chers Alexandre, Antoine, Julien, Jérôme, Guillaume, Maxime, Maximilien & Yves (*)

 

J’ai bien reçu vos lettres. Elles sont devant moi. Dans mon bureau. Je regarde vos écritures. Vos courbes. Comme autant de cœurs qui palpitent. Comme autant de vies qui vibrent, étincellent, se donnent et se reprennent -gardent leurs secrets. Vous avez lu mon roman Julie. Vous l’avez bien aimé. Quel beau cadeau pour moi. Je suis ému par votre démarche.

 

A votre âge, j’avais écrit une lettre à mon écrivain préféré. Georges Simenon. Il habitait Lausanne. Rue des figuiers. Je me sentais seul. Un peu incompris dans le monde, dans mon école, dans ma classe. J’avais écrit mes doutes à cet homme dont j’admirais plus que tout la plume, la richesse d’évocation, la sensibilité. Et il m’a répondu. Je ne m’y attendais pas. Bien que je l’avais espéré. De tout mon cœur. De toute mon âme. Sa lettre sentait la pipe. Ce fut le début d’une correspondance. La première lettre de cet homme, je la regarde tous les jours. Pour me donner du courage à l’entreprise de ma création et de ma créativité. Et de ma vie. Cette lettre m’aide lorsque je doute un peu. Lorsque je suis fatigué. Ou que j’ai peur. Elle se termine par cette phrase dont je me suis fait l’ami inconditionnel : « Surtout, surtout, vivez intensément ».

 

Et, sans doute, c’est parce que je vis intensément que j’écris. Et c’est parce que j’écris que nous nous sommes rencontrés. Et nous voilà face à face. Un beau rendez-vous. Vos questions sont nombreuses. Elles filent tous azimuts. D’où tenez-vous votre inspiration ? L’histoire de Julie, l’avez-vous vécue ? Julie, est-elle réelle ou un « personnage inventé » ? A quel âge vous êtes-vous dit que vous vouliez devenir écrivain ? Comment vous répondre au mieux ? J’aimerais, à chacun, vous écrire une longue lettre personnelle. Une lettre qui prendrait soin de vous comme vous avez pris soin de moi. Mais peut-être que les réponses que je donnerais à l’un pourraient intéresser les autres ? Et si ma réponse n’avait de sens qu’à partir du moment où elle s’adresse à vous tous, tous ensemble, en choralité ? Alors…

 

Et si nous nous rencontrions ? Et si vous proposiez à votre professeur de prendre contact avec moi afin de voir si une date commune pourrait nous convenir ?

 

Je passerais une heure ou deux avec vous. Je serais ravi de vous rencontrer. Vos prénoms m’évoquent des visages inondés de lumière et de vie. Vous avez des prénoms de personnages de roman. Chacun m’évoque un univers particulier. Camille… Camille… C’est le prénom que j’ai donné à l’héroïne de mon roman Bleus. Maxime… Maxime… Elidé en Max, c’est le prénom que j’ai donné au héros de mon roman Bleus. C’est touchant, non ?

 

Je me place dans l’attente de vos nouvelles.

 

Je vous adresse mes plus cordiales salutations.

 

Benoît Coppée le 6 février 2006

 

(*) Je suis triste parce que l’un d’entre-vous a omis d’inscrire son prénom.

23:21 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

De quoi commencer une bonne journée... C´est très très beau! Ouuu ça remue...J´ai toujours devant les yeux, l´enfant. Ce qui m´interpellait , dans le bon sens du terme, était donc bien réel.

Écrit par : Zoe-a | 07/02/2006

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