30/10/2005

 Le prochain strip de Oh ! Théo

Voilà, je viens d'envoyer mon crobard de projet de strip à Nicolas. A découvrir la semaine prochaine "en vrai" dans les pages du Ligueur en illustration du très bel article de Vanessa Greindl.

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Où se laisser enterrer ?

Hier, j’étais à Braine-le-Château. A parler de mon travail d’auteur. De mes livres. De "Oh ! Théo", bien sûr. A la maison du Bailli. A la suite de Colette Nys-Mazure. Il y avait beaucoup de monde. Des hommes. Des femmes. Des enfants. C’était beau. C’était doux. Sur la route du retour vers chez moi, à Bruxelles, j’ai pris quelques photos d’automne. Les arbres flambent. Ils portent des lumières qu’on ne leur connaît que deux ou trois jours par année. J’aime les vignes vierges. J’aime l’automne. J’aime novembre et ses cimetières qui soudain se mettent à vibrer d’ondes particulières. J’aime ces gerbes de fleurs. J’aime les pas lents, les retrouvailles, les mines graves, mais aussi les sourires, les parfums, les robes empruntées, les costumes un peu étroits. J’aime. Et si je devais mourir, où aimerais-je être enterré ? Voilà que je me pose la question. A Bruxelles, ma ville de toujours ? Je ne me sens pas chez moi, ici. On est trop loin du vent, de l’air et du soleil, ici. Bien trop loin de tout. Non, je ne voudrais pas être enterré ici, ma ville, pourtant. Ici, les tombes restent cinq ans. Et puis, elles disparaissent. Et puis, c’est fini. On les souffle. Pfuit. De mes grands-parents, enterrés ici, il ne reste rien. Rien du tout. Pas une poussière. Il n’y a pas moyen de se souvenir. Il n’y a pas moyen de s’agenouiller. Rien du tout. Pas un seul endroit où déposer une fleur. Ici, c’est le vide. Mais où, alors, me laisser enterrer ? Au Cap Cerbère, ventilé sur la mer, au départ du bateau d’Yves ? Dans mes chères montagnes d’Espagne, près des gorges de l’Enfer, soufflé par une rafale ? En mes vibrantes Ardennes où vivent encore les miens d'ici et d'autre famille, sur les hauteurs de l’un ou l’autre village ? En Lorraine, en bordure de Meuse, où je vais prendre soin de mes arbres, de mes haies, de ma terre, de mes pensées ? Où aimerais-je être enterré ? Il n’y a pas d’endroit au monde où je voudrais l’être. Il me reste encore à vivre. Mais si j’y pense aujourd’hui, ce ne serait certainement pas ici, en ma ville. Oh, non ! Je veux du calme. Je veux de l’eau. Je veux du souvenir. Je veux de la pierre. Je veux de l’air. Je veux du soleil. Je veux du silence. Je veux des arbres. Je veux un clocher qui tinte. Je veux des ouvriers communaux qui passent et racontent des blagues. Je veux mon nom gravé dans de la pierre. Je veux de la survivance. Je veux du lierre. Je veux de la rouille. Car sans survivance, sans souvenir, sans endroit où se recueillir, nous ne sommes déjà plus rien, nous les habitants du monde. Sans souvenir, nous sommes sans passé. Et donc sans avenir. Nous sommes des fantômes sans racine et sans descendance. Nous nous laissons malmener jusque là. Nous ne militons même plus pour la sauvegarde et la survivance de nos corps à travers le temps. Comme si nous étions lassés d’être, nous nous laissons transformer en plaine de jeu ou en building. Même si c’est beau, une plaine de jeu, je n’ai pas envie de finir en plaine de jeu ! Je veux qu’auprès de moi, de mon corps qui repose, on puisse venir, sans cesse et infiniment, chercher la tristesse, la joie, la continuité, la vie, la mort, le tout, le rien, le vide, le néant, la source, le rire, le calme, le repos, le questionnement, le doute, le trouble… Je veux qu’auprès de moi, de mon corps qui repose, on puisse venir chercher de la vie.

 

Benoît Coppée






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28/10/2005

Courrier de France

Théo à la Fnac
Salut Théo, salut Nina et bonjours à leurs papas ! Oui, ca y est, on a trouvé théo à la Fnac et on est bien content ! Mais surtout nos enfants ! On a adoré "C'est pas moi" ! Un moyen plein de tendresse d'aborder avec nos 2 têtes blondes les rivalités, les chamailleries et le comportement des parents.

Merci à vous ... à très vite

Matéo - flomateo@noos.fr



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27/10/2005

Au travail

A la recherche du prochain strip de Théo, je suis en train de travailler sur un texte de Vanessa Greindl. L'article est arrivé cet après-midi, au bureau, en provenance de la rédaction du Ligueur. Le texte parle de la toute puissance de l’autre, du confort de l’illusion, de l’éternelle insatisfaction, de la chute de l’illusion pour la montée de l’individualisation… Souvent, les thèmes qu’abordent Diane ou Vanessa dans leurs articles me percutent en plein cœur, en pleine vie. Certains d’entre eux m’ont déjà ému jusqu’aux larmes. Toujours, ils font trembler en moi les couches profondes de ma vie d’aujourd’hui ou ma vie d’hier. Pour symboliser les pensées de Diane ou de Vanessa -en mettant en scène Théo- il n’est pas rare que je doive sortir de mon bureau, faire une longue promenade dans les rues d’Evere, à travers les potagers, non pas pour trouver « une idée » de strip, mais plutôt, avant que n’arrive l’idée de strip, me recentrer sur ma vie à moi. Qu’est-ce qui m’a fait mal quand j’étais petit ? Qu’est-ce qui m’a posé problème quand j’étais petit ? Qu’est-ce que mes propres enfants ont déjà réveillé comme interrogation ou comme difficulté qui s’apparente au thème dont je dois trouver ficelle pour une symbolisation la plus pertinente possible ? Il est 17 :36. Je sors de mon bureau, le prochain article de Vanessa dans une poche de mon âme. Le thème abordé est difficile. Nicolas attend mon scénario pour demain matin au plus tard. Au travail.

 

Benoît Coppée


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Bravo, les mamans !

Venez nous dire bonjour, c'est mieux qu'un long discours. Ce ne sont que les premiers balbutiements mais c'est déjà bien ...

http://rivages.skynetblogs.be/


Amitiés
Véronique


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26/10/2005

C'est la grève dans mon pays...

C’est la nuit sur ma ville. Il fait noir. Il fait doux. Je rentre de Namur. Je ne dors pas. Je pense aux hommes et aux femmes qui préparent, en vert et rouge, la grève de notre pays tout entier prévue ce vendredi. Je me souviens d’un disque qu’un oncle m’avait offert lors que j’étais adolescent. Le disque était orange. Un trente-trois tours. Le groupe s’appelait le GAM, le Groupe d’Action Musicale. Le groupe voyageait de manifestation en manifestation. Il animait, de ses chansons, les marches, les piquets, les feux de pneus, les stations debout aux entrées des usines, les cafés fumants. Mon oncle avait inscrit sur la pochette, en guise de dédicace : Il n’est jamais trop tôt pour découvrir le combat que doivent mener les travailleurs pour leurs droits. Trente ans plus tard, c’est toujours d’actualité. Evidemment. Bien sûr. C’est évident. Cette semaine, j’ai le cœur coloré de vert et de rouge. J’ai le foulard, aussi, vert et rouge, autour de mes pensées. J’ai l’âme du feu. J’ai les mains fortes. J’ai le cri rauque. J’ai la cicatrice de la fusion et des scories sous la peau. J’ai la fierté de mon ouvrage, de ma vie, de mes dons, de mon sang. Je pense aux hommes et aux femmes qui préparent, en vert et rouge, la grève de notre pays tout entier. J'ai bu, dans les biberons de mes enfances, le souci, l'obligation et le courage des luttes pour le respect des droits humains. Ce soir, j’ai la poésie dressée vers le ciel.

 

Benoît Coppée



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24/10/2005

Les araignées

Dans le Nord, ce matin, j’étais à Ath. Dans cette ville, les géants sont plus grands que les tours déjà grandes. Dans cette ville, l’eau d’un canal s’élève lentement, se hisse, glisse et pénètre le ciel, han, d’un coup de couteau, d’un coup de rein. Dans cette ville, sur mes yeux, des oiseaux déposent des signatures blanches et grises. Du bout de mes cils, je pense à Folon. Je touche l’eau. Elle est froide. Je ferme les yeux. J’arrête de respirer. J’y plonge la tête. Folon y aurait mis de la couleur. C’est sûr : un petit arc-en-ciel. Quoique. Ce canal peut être de bronze. Comme certaines statues. Alors, Folon s’y retrouve quand même. Sur la route, dans les embouteillages pour entrer dans Bruxelles, j’écoute le dernier album d’Alain Souchon. Il parle de notre monde à deux balles. Souvent, c’est vrai. Bruxelles, ma ville, se laisse prendre à la gorge par les grandes mains d’araignées de plus en plus nombreuses. Ronde inouïe des corps aux petits doigts, aux cris graves, aux haleines misérables, aux gestes lents, aux oblongues attentes. Ces araignées ressemblent à des voitures, à des camions. J’ai peur. J’ai mal. Et Souchon, toujours, qui sort des baffles fabriqués avec du pétrole : Loin de la nature, mon cœur durcit. Chez moi, c’est pareil. Malgré les milliers de phares qui m’aveuglent, dans l’autre sens, Souchon a trouvé les mots qui me conviennent. Moi aussi, je suis trop loin du vent, trop loin de l’air. Moi aussi, je chante la vie Théodore. La main noire autour du cou de ma ville, de ma planète nous étrangle fort, nous asphyxie fort. Où est l’arc-en-ciel ?

 

Benoît Coppée



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21/10/2005

A Jean-Michel Folon

-Jean-Michel Folon est parti, ai-je entendu à la radio hier en fin d'après-midi.
-Pour où ? ai-je eu envie de répondre...
-Au fond de ses créations m'a répondu une petite voix.
 
Chuttttt... Son musée restera pour moi un lieu extraordinaire où le rêve trouve toute sa place. Si vous passez par là, surtout n'hésitez pas !!!
 
Nicolas
 
Ferme du château de La Hulpe
Drève de La Ramée
1310 La Hulpe
Tel : + 32 (2) 653 34 56
Fax : + 32 (2) 653 00 77
Email : fondation.folon@skynet.be
 
www.fondationfolon.org


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 Qui sera le 2000ème visiteur ?










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20/10/2005

 13:49 la nouvelle est tombée

Folon est mort
 
La nouvelle vient d'arriver au bureau. Le monde autour de moi s'arrête. Plus grand-chose n'a d'importance. Je ferme les écoutilles de mon domaine, de mon bureau, de mes emails, de mes téléphones. Je pense aux dessins du maître. Je pense à la chanson d'Yves Duteil : "Comme dans les dessins de Folon...". Je pense à l'homme, l'artiste, le poète. A ce qu'il nous a offert de lui et qui est éternel, tellement universel. Oh... Il nous aura tant et tant inspiré. Oh... Il m'aura tant et tant offert de rêver, d'espérer et de frissonner.
 
 
 
 
 

Il y a
En chacun de nous
un peu des aquarelles
De Jean-Michel
De Folon
Qui coulent
Et roulent
Et se glissent
Ouvrent le monde
A l'image de l'homme bleu
De son chapeau
De ses oiseaux
De ses rêves
Et de ses mains

Il y a
De Jean-Michel
De Folon
Les arcs-en-ciel
Qui vivent
Et colorient
Illuminent
Dansent aux étoiles
 
Nous sommes
Comme de Jean-Michel de Folon
L'homme au chapeau bleu liquide
Dans le ciel rouge
Zébré d'un sourire
Orangé
 
 
Benoît Coppée à Evere le 20 octobre







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19/10/2005

Les voyages d'Hom'

Les voyages d’Hom’

par Babel

I

Une fois ses chaussures bien lacées, Hom’ – c’est le seul nom qu’on lui connaisse - curieux de nature et de stature moyenne, se lança à corps perdu dans son apothéose : atteindre à pied le Pôle Est. Il avait dévoré les titres des ouvrages vantant les exploits des héros de l’Arctique et l’Antarctique. Il en avait même lu quelques-uns en entier. À son tour, il voulait laisser dans l’histoire l’empreinte de ses pieds jusqu’au Pôle Est exactement.

Hom’ décida de partir à l’aube. La chose était pensée avec soin. Il voulait vraiment avoir du temps pour se landibardiner. Un vieux lyonnais lui disait toujours que rien n’était meilleur au monde. Hom’ l’avait suivi discrètement pour en savoir plus, mais cette journée de filature lyonnaise ne fut que promenade lente avec des arrêts intempestifs, devant une vitrine, pour un envol de pigeons, sur une belle passante… Hom’ voulait aussi voyager léger. Partant à l’aube, le soleil lui donnerait le plein Est : inutile de s’encombrer de matériel lourd et fragile. Pour être sûr de ne pas rater son pôle, il choisit l’Équateur pour point de départ. Facile à localiser depuis le 24 mai 1822, ce pôle du milieu de la Terre est universellement reconnu comme tel. De plus, Hom’ cherchait la paix et le bonheur, la gloire et le triomphe : ce qui, joyeux augure, est la devise de l’Équateur.

II

Hom’ partit donc, et marcha jusqu’à n’en plus pouvoir : pour cause, la mer s’étendait devant lui. Il prit une grosse inspiration et un ticket sur un bateau. Ainsi, il accosta plus tard plus à l’Est, certes, mais pas totalement, à en croire le soleil et les instruments du capitaine. Il restait encore de la distance à franchir avant d’atteindre le pôle Est. Après un voyage long et ennuyeux, un dernier navire le déposa sur une terre familière. Hom’ vit qu’à sa plus grande honte, il avait tourné en rond et en vain à travers la terre. L’Équateur et le Pôle Est, le début et la fin de son voyage ne pouvaient pourtant pas être un seul et même endroit : depuis le 24 mai 1822, quelqu’un l’aurait forcément découvert, et l’aurait ébruité.

III

Reclus aux Galápagos, Hom’ n’espérait plus rien de personne, lorsqu’un visiteur se présenta. Hom’ en était sûr : encore un moqueur, mais cette fois-ci un moqueur assez têtu pour fendre les eaux et venir le titiller sur place. Ouvrant les yeux malgré sa honte, il reconnut le vieux lyonnais, qui le plus tranquillement du monde s’étonna à son tour de le croiser tandis qu’il landibardinait à sa manière…N’y tenant plus, il lui demanda des explications : puisse sa folle équipée ne pas finir en un fiasco intégral ! 

« Cela signifie « se promener », comme à Lyon quand je n’étais qu’un gone au bord de Saône... » répondit-il.

Parce que le vent était doux, et que ça lui donnait envie de lui confier un secret, l’ancien lui chuchota une confidence. Il lui céda sa propre manière de se landibardiner. Pour se landibardiner avec art, il suffisait de se mettre sur la pointe des pieds en les gardant tendus à l’extrême, avec les talons bien élevés. Ensuite, il fallait relever la pointe des pieds, d’un geste vif et sûr. La manœuvre effectuée, ils se retrouvèrent immobiles à une altitude d’un pied, tandis que, sous eux, sans eux, la terre continuait de tourner.  Une fois l’équilibre trouvé, c’était fort simple. Quelle surprise ! En quelques secondes ils avaient traversé deux ou trois petits archipels. Le vieux lyonnais expliqua qu’à l’équateur, la terre tournant à plus de 1600 Kms/h, effectivement, en une dizaine de secondes, ils avaient franchi pas loin de 5 kilomètres. Sous les Tropiques, le rythme serait moindre, certes, mais encore assez rapide pour satisfaire aux besoins ordinaires d’Hom’.

IV

Hom’ désormais se délectait volontiers à se landibardiner. Bien sûr, pour éviter les explications inutiles, les carabistouilles et les carambolages, il ne faisait que de petites étapes, en campagne. Il apprit assez vite à gagner de l’altitude, en appuyant ses coudes aux turbulences, de façon alternée et rapide. Peu à peu, il partit de plus en plus loin, mais toujours avec élégance et dignité. Possédant une telle technique, il reprit son projet : il repartit à la recherche du Pôle Est, prenant sans cesse de l’altitude pour éviter d’être dévié par un clocher, un building, une montagne. La présence de nombreux satellites a compliqué énormément ses calculs, l’obligeant à s’élever bien au-dessus de sa condition, au-delà parfois des différentes lunes existant ici et là.

Il y a peu de temps, j’ai pu croiser Hom’ : il reprend pied-à-terre chaque fois qu’une petite faim le tenaille, ou bien lorsqu’il veut admirer une vitrine, un envol de pigeons, une belle passante. À ce jour, il cherche encore, dit-on, la ligne purement parfaite, ceinturant la terre et rejoignant, via l’Équateur, le Pôle Est. Son bonheur est palpable. Je me souviens parfaitement de ma surprise lorsqu’il m’a dit qu’il n’abandonnerait jamais ses recherches du Pôle Est, au point qu’il priait tous les dieux de tous les cieux de toujours l’empêcher d’aboutir. Puis, parce que le vent était doux, et qu’il en avait envie, il voulait me confier un secret. J’ai refusé. Je savais bien qu’il me comprendrait. J’étais en retard, tout comme maintenant, et chaque seconde perdue m’éloignait et m’éloigne encore de mon office : découvrir le Pôle Ouest.

 

babel@etoiles.net





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16/10/2005

Pendant que Nicolas signait à Uccle

Hier, j’étais à Liège. Plus précisément à Fléron. A la Bibliothèque communale. A parler de mes livres pour enfants, les aventures de Tom et Lila que je réalise avec mon complice bien connu : Nicolas Viot. Sous une tente berbère. A boire des thés à la menthe. En compagnie de Pascal Leclercq, mon intervieweur, de Laetitia Paquay, la bibliothécaire, de Madame Stéphanie Joset, une institutrice et des enfants joyeux curieux de tout. C’était beau. Nous étions assis comme autour d’un feu de bois. J’aime Liège. J’aime Liège et les rivages de son fleuve. Cette ville possède une lumière particulière. Cette ville est aussi le lieu de mon tout premier amour. J’avais dix-sept ans. Je venais ici en week-end, chez mon amoureuse. Je venais de Bruxelles et du néant par le train. J’entrais dans la lumière. Elle m’attendait sur le quai. Dans ses robes et ses bisous. Nous nous serrions fort l’un contre l’autre. Longtemps. Hier, j’étais à Liège. Retour vers Bruxelles, je traverse la ville des larmes plein les yeux. Tout me semble beau, lumineux, sacré. Comme si le doigt de Dieu était déposé partout, ici. Mon enfance me remonte à la gorge et déverse en moi sa kyrielle de bons, délicieux, forts et incroyables moments. Décidément, je ne me déferai jamais de ce bout de Meuse qui coule dans mes veines et éclaire chacune de mes cellules. Et ce sera pour toujours. Pour toujours. Où êtes-vous, mes amours ? Je pleure. Mais c’est la vie. Liège est un lieu de pèlerinage, un rite. Il en sera toujours ainsi. Jusqu’à mon dernier souffle d’homme. Je monte sur l’autoroute. C’est comme si je sortais d’une poche, d’un ventre, d’une mère. Je file vers Bruxelles. Sur la route, j’ai une pensée mauve, bleue, verte, jaune, orange, fuchsia et rouge pour les pagodes de Julos à Wahenge. Ô Julos, je pense à toi. C’est l’émotion qui parle. Une autre histoire d’amour. Une histoire d’amour entre les hommes, cette fois. Je me rappelle ce jour de juin, il y a quelques mois, où nous sommes montés sur tes pagodes, au centre du monde, de ton monde, avec la petite Julie en quête de toucher l’aile de l’oiseau, la queue de l’inaccessible, le rebond de l’arc-en-ciel. Ô Julos, je pense à toi. Tu prépares un nouveau disque. J’ai hâte de l’entendre ou plutôt de l’écouter. Je t’embrasse à travers le ciel et le soleil.

 

Le site de Julos (faites un tour sur le forum !) :

 

www.julos.be

 

 

Retour à Bruxelles, je file à Berchem Sainte Agathe pour la sortie de « Livres de chevet » auquel j’ai participé avec Frank Andriat, Luc Baba, Jean-Claude Bologne, Pierre Coran, Xavier Deutsch, Roger Foulon, Stéphane Lambert, Nadine Monfils,  Colette Nys-Mazure, Françoise Pirart et Anita Van Belle. C’est le soir. Il fait noir. J’arrive au Fourquet. Je suis heureux de retrouver Christian Libens de la Promotion des Lettres belges. Je suis heureux de retrouver Ariane Hannin du centre culturel le Fourquet. Je suis heureux de croiser la route du romancier Luc Baba –dont souvent on m’a parlé et reparlé-, de le rencontrer en vraie vue, d’être assis à ses côtés sur le même plateau. Il paraît que nos écritures et nos façons d’être ont quelque chose en commun. C’est un signe. Je me l’étais promis depuis longtemps, mais cette fois, ça y est, c’est le jour, c’est le moment, je le jure : dès la semaine prochaine j’ouvre la fenêtre nécessaire et j’entre dans les romans de Luc Baba.

 

La cage aux cris

De la terre et du vent

L’eau claire de la lune

If

Le marchand de parapluies

Les écrivains n’existent pas

 

Mathieu-le-dessinateur m’a envoyé un message pour m’annoncer la mise sur le Net de son Blog. Je visite le Blog de Mathieu et suis la route jusqu’aux blogs de ses amis. Que de beautés. C’est magnifique. Je suis fier d’appartenir à notre monde quand, de la sorte, il est riche, clair, pur, créatif, tendu vers le beau, les harmonies, les constructions de couleurs et d’eaux.

 

 

Le Blog de Mathieu :

 

http://lost-in-syberia.over-blog.com

 

Ce matin, il y a du soleil sur Bruxelles. Quelques avions déchirent le ciel. Je termine une lettre que j’envoie dès demain aux hommes politiques de ma ville et de mon pays pour crier :

 

« Madame, Monsieur,

 

 

Au secours ! Au secours ! Au secours !

 

J’habite par 50°52’35,49’’ de Longitude Nord et 4°24’14,98’’ de Latitude Est. Sur la commune d’Evere à Bruxelles. Belgique.

 

Depuis plusieurs semaines des avions passent au-dessus de ma maison et celles de mes voisins. Ils volent bas. Ils sont lourds. Ils produisent des bruits qui déchirent le ciel. Dans nos jardins, il n’est plus possible de se parler. Ils nous réveillent dès 6:30. Chaque matin. Ils passent à des fréquences variant entre 2 minutes et 2 minutes trente secondes. C’est terrible. Parfois cela dure toute une journée. A peine a-t-on fini d’entendre le bruit de l’un que déjà on tend l’oreille à la recherche du bruit de l’autre. Et le voilà qui arrive. C’est infernal.

 

Madame, Monsieur,

 

Ces avions déprécient nos quartiers, nos maisons –ce que nous mettons des vies à construire, nos biens- ainsi que nos existences. Alors que ces avions violent la Loi du Ciel de notre ville !

 

Solennellement, Madame, Monsieur,

 

Je vous prie, en mon nom -mais également au nom de tous ceux qui ne peuvent écrire de jolies phrases-, Madame, Monsieur, d’entreprendre, d’agir, de contraindre et d’utiliser vos forces pour faire respecter la Loi du Ciel de notre ville afin de préserver nos vies, nos existences et nos sérénités.

 

 

Au secours ! Au secours ! Au secours ! »

 

Benoît Coppée à Evere le 16 octobre 2005







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14/10/2005

Rencontre à Fléron (Liège) * samedi 15 octobre 2005

Benoît Coppée évoquera son métier d'auteur jeunesse à la Bibliothèque de Fléron ce samedi 15 octobre de 15 à 16:00
 
Bibliothèque Communale
18 Rue de Romsée
4620 Fléron
Renseignements : Laetitia Paquay au 00 32 4 355.91.87

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Dédicace à Uccle (Bruxelles) * samedi 15 octobre 2005

Nicolas Viot dédicacera les albums Oh ! Théo le samedi 15 octobre de 14 à 16 heures au Centre Culturel d'Uccle.
 
Renseignements :
 
Foire du Livre d'Uccle
www.ccu.be
Centre culturel d'Uccle
Rue Rouge, 47
1180 Uccle

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13/10/2005

Premiers courriers à propos des albums !

Mon loustic de 4 ans ½ , qui ne rate jamais une expérience, faisait des tambouilles au Nescafé cet après-midi. Comme je lui ai dit qu’on pouvait peindre avec du café, ni une ni deux, il s’est lancé dans la peinture au café soluble. Théo, si j’ai bien lu, tu es bien fait de café et de brou de noix (?). Pour le brou de noix je vais encore attendre qu’il grandisse un peu ! Ça me semble beaucoup trop tenace sur les pantalons… Bon toute la maison sent le café.


Et je parle, et je discute et je raconte…et je n’ai pas encore dit que j’ai trouvé tes deux albums ! Oui oui ! et j’ai pu les lire en primeur dans le train. Bon les enfants ne les ont pas encore vu. J’attends une petite occasion. Mais comme plusieurs dents sont sur « le piquet d’onze heure », la petite souris risque « d’avoir de l’ouvrage » dans les semaines à venir et la petite souris chez nous est plutôt bibliophile.


Et qu’est-ce que j’en pense ?


Viendrais-je écrire ici si j’en pensais du mal ? Où alors en signant Octavine !
J’aime beaucoup la couverture avec des parties brillantes et d’autres mats. Le « caca de coccinelle » et le « vomi d’escargot » risquent de faire date ! Sans l’avoir lu mes asticots m’ont fait un remake de « C’est pas moi » cette après-midi : du vécu ! J’aime aussi beaucoup les nuages et les cheveux de Nina. Les expressions des visages m'ont fait beaucoup rire et sourire. Qu’est ce qu’on ne fait pas quand même avec du café, à part le boire... ;-)

Félicitation, ils sont très beaux, beaux, beaux !

 

Véronique

 

saphirvd-lazuly@yahoo.fr


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12/10/2005

Dédicaces à Namur * dimanche 23 octobre 2005

Nicolas Viot dédicacera les albums "Oh ! Théo" au salon du livre de jeunesse de Namur le dimanche 23 octobre de 14 à 17 heures.
 
Bientôt tous les renseignements sur
 
www.livrejeunesse.be
 
Bien à vous,
 
L'équipe autour de Théo


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Les planches sont revenues de Paris !

Mercredi 12 octobre...
 
Les planches originales des albums "C'est pas moi !" et "C'est mon avion !" sont revenues de Paris ce matin ! Une vaste organisation Chronopost et Kiala a fait que nous sommes allés rechercher ces planches dans la librairie "Aux actes manqués" au 147 Rue Henry Conscience à Evere, Bruxelles. Incroyables mouvements, incroyable monde.
 
Merci Amélie pour les petits mots que tu as glissés dans le colis !
 
L'équipe autour de Théo.

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11/10/2005

Chanson jeune public ! A découvrir !

On la connaît depuis tellement longtemps, Geneviève... 

 

On ne va pas se priver de relayer l'information que nous venons de recevoir :

 

Geneviève Laloy nous informe de la sortie de son CD "Si la terre..."

 

Que faites-vous le samedi 15 octobre à 17 heures ?

 

HUY - Samedi 15 octobre 2005 à 17H00

SORTIE DU CD "Si la terre..."

 

Dans le cadre de "Place aux Enfants"

 

Centre culturel de l'arrondissement de HUY

Avenue Delchambre, 7 a

4500 Huy

Réservation : 00 32 85 / 21 12 06

Prix: 4,5 Eur

 

www.genevievelaloy.be


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09/10/2005

Du Pakistan à Raphy Rafaël... De la mort à la vie !

C’est l’horreur et la mort au Pakistan. La terre a tremblé. Une estimation provisoire parle de 30.000 morts. Ces nouvelles nous traversent toujours comme un raz de marée, une lame de fond, un tsunami interne. Elles font de nous des poussières, des cotons, des néants. Nous partirions bien tous là-bas, illico, pour tendre les bras vers l’enfant, dresser la toile au-dessus de la famille, serrer contre son cœur celui qui hurle de douleur. Nous partirions bien tous là-bas, illico, relativiser nos misères et crier, crier, crier qu’on est solidaire. Pourtant, la journée d’hier était si belle à Evere ! Avec quelques amis, j’ai passé l’après-midi soleil avec Raphy Rafaël, mon frère de création, depuis qu’il m’a fait pleurer avec sa trop belle chanson « Si tu es fatigué, couche-toi sur la terre »… C’était il y a cinq ans… Merci Raphy, de m’avoir offert ces heures d’hier aux côtés de ta guitare Flamenca ! Merci, Raphy, de m’avoir offert, de nous avoir offert, en primeur, les premières chansons de ce nouveau spectacle que tu prépares et que tu viendras, au mois d’avril, avec Pascal Chardome, présenter chez nous, à Bruxelles, juste à côté de ma maison… On sera là ! Des chansons pour les adultes, cette fois ! Après avoir écrit tant de chansons pour enfants… Elles sont belles, les amis ! Elles sont fortes, les amis ! Elles vont donner du soleil et des larmes, ces chansons-là ! C’est du tout grand Raphy ! On est fiers d’avoir été parmi les premiers à les découvrir ! Merci pour la magie, amigo ! C’est pour la vie !

 

www.raphyrafael.be

 


15:26 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/10/2005

C'est pas moi !

Théo et Nina se disputent. Ils cassent le grand tableau. Maman ne cherche pas à savoir qui a commencé. Elle punit pareillement les deux enfants. Même si Théo et Nina crient « A l’injustice ! »

 

Le livre aborde la pertinence de mettre les enfants sur un même pied d’égalité.

 

C’est pas moi !

 

Texte de Benoît Coppée

Illustrations de Nicolas Viot

Avec Diane Drory et Vanessa Greindl, psychologues et psychanalystes.

 

Editions Vilo Jeunesse

10:18 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

C'est mon avion !

Papa fabrique un avion à Théo. A la première occasion Nina souhaite conduire l’avion. Théo refuse : « C’est mon avion ! »

 

Le livre aborde, pour la dépasser, la difficulté de prêter les affaires auxquelles on tient.

 

C’est mon avion !

 

Texte de Benoît Coppée

Illustrations de Nicolas Viot

Avec Diane Drory et Vanessa Greindl, psychologues et psychanalystes.

 

Editions Vilo Jeunesse




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05/10/2005

Solidarité...

Le disque dur de Nicolas est mort brutalement emportant avec lui tous les moyens de communication que nous utilisons aujourd'hui pour faire vivre "Oh ! Théo"... Internet, scanner, graveur..  Impossible, cette nuit, d'envoyer dans les délais le dernier strip de "Oh ! Théo" à la rédaction du Ligueur.
 
Dessin sous le bras, Nicolas est allé, ce matin, chez Anne-Catherine (l'auteur de la bande dessinée Les Adorables) pour lui demander un coup de mains. Ah, la solidarité des auteurs... Le strip a pu partir à temps à la rédaction du Ligueur !
 
Merci Anne-Catherine !
 
Au plaisir de pouvoir te rendre le service, l'amitié...

11:20 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/10/2005

Les albums... Service de presse...

Ce lundi 3 octobre dans les locaux de Nouvelle Diffusion, le diffuseur de Oh ! Théo en Belgique, à Bruxelles...
 
Nous signons les 80 albums "Oh ! Théo" destinés à la presse...
 
On a les yeux qui piquent de fatigue...
 
On fait des montagnes de livres qui sèchent...
 
C'est chouette d'écrire un p'tit mot aux journalistes qui depuis toujours soutiennent nos créations... De leur offrir un dessin...
 
Laurence, Lucie, Thierry, Nicole, Jean-Louis, Michel, Sylvie, Luc...
 
On est contents, heureux et fiers !

18:31 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Théo... dans les bras de son papa !

Toujours à l'hôpital de La Louvière...

Un papa vient nous présenter... Théo !

 
WAOW ! Théo, on est vachement contents de te revoir !
 
Pour la troisième année consécutive, tu viens nous saluer !
 
Cela vaut bien une photo à la Une du Blog de Oh ! Théo !!!
 
On t'embrasse, l'arsouille !

18:27 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Théo dans le ventre de sa maman !

Ce dimanche 2 octobre, Nicolas et moi étions en séance de dédicace à l'hôpital de La Louvière. Des parents sont venus nous présenter leur petit... Théo !
 
Waow ! On se réjouit de recevoir des bonnes nouvelles de la naissance de Théo !
 
A bientôt, les parents !
 
A bientôt, Théo !


18:24 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Ordre et désordre !

Merci Théo pour ta belle histoire sur l'ordre et surtout le désordre dans le ligueur de cette semaine.
Mais dis, ton amie Diane, elle est vachement sérieuse sur ce coup là!
"Pour l'adulte, par contre, cela paraît évident de fermer le tiroir qu'il a ouvert, de remettre à sa place l'outil qu'il a employé, de rendre l'objet qu'on lui a prêté, etc." Heu, oui, on va dire oui,...et le etc... il couvre beaucoup de bonnes résolutions dans le même genre?
Et le coup de "Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place". C'est vague "chose" et "place". Comme la bonne vieille blague du pirate qui demande au capitaine: "dites capitaine, quand on sait où se trouve quelque chose, on ne l'a pas perdu?" "Ben, non, si on sait où il se trouve" "Et bien alors on n'a pas perdu le trésor, il est au fond de la mer!" L'histoire ne dit pas si le capitaine a envoyé son matelot le chercher...
On pourrait écrire un roman sur l'ordre et le désordre. J'ai trouvé quelques belles citations. Les deux qui m'inspirent le plus:
"Au fond, est-ce que ranger, ça ne revient pas un peu à foutre le bordel dans son désordre?" Philippe Geluck
"La sérénité dans le désordre est un signe de perfection" Proverbe chinois.
Je l'aime vraiment bien celui là!

une maman à la recherche d'une certaine forme de perfection.
 
saphirvd-lazuly@yahoo.fr

17:22 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |