26/10/2005

C'est la grève dans mon pays...

C’est la nuit sur ma ville. Il fait noir. Il fait doux. Je rentre de Namur. Je ne dors pas. Je pense aux hommes et aux femmes qui préparent, en vert et rouge, la grève de notre pays tout entier prévue ce vendredi. Je me souviens d’un disque qu’un oncle m’avait offert lors que j’étais adolescent. Le disque était orange. Un trente-trois tours. Le groupe s’appelait le GAM, le Groupe d’Action Musicale. Le groupe voyageait de manifestation en manifestation. Il animait, de ses chansons, les marches, les piquets, les feux de pneus, les stations debout aux entrées des usines, les cafés fumants. Mon oncle avait inscrit sur la pochette, en guise de dédicace : Il n’est jamais trop tôt pour découvrir le combat que doivent mener les travailleurs pour leurs droits. Trente ans plus tard, c’est toujours d’actualité. Evidemment. Bien sûr. C’est évident. Cette semaine, j’ai le cœur coloré de vert et de rouge. J’ai le foulard, aussi, vert et rouge, autour de mes pensées. J’ai l’âme du feu. J’ai les mains fortes. J’ai le cri rauque. J’ai la cicatrice de la fusion et des scories sous la peau. J’ai la fierté de mon ouvrage, de ma vie, de mes dons, de mon sang. Je pense aux hommes et aux femmes qui préparent, en vert et rouge, la grève de notre pays tout entier. J'ai bu, dans les biberons de mes enfances, le souci, l'obligation et le courage des luttes pour le respect des droits humains. Ce soir, j’ai la poésie dressée vers le ciel.

 

Benoît Coppée



00:02 Écrit par Oh ! Th | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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